LE DEVELOPPEMENT DURABLE EN QUESTIONS
Quel est l’objectif du développement durable ?
D’après Mme GRO HARLEM BRUNTDLAND, 1er Ministre Norvégien, le développement durable doit permettre la satisfaction des besoins d’aujourd’hui sans compromettre la satisfaction des besoins potentiels des générations futures.
Pourquoi ce soudain engouement des entreprises pour le développement durable ?
· La préoccupation croissante des individus à l’égard de l’écologie,
· La prise de conscience de l’épuisement de nos ressources énergétiques en particulier (nous aurions consommé 50% de nos réserves fossiles en 35 ans),
· La pression croissante des autorités qui veulent responsabiliser les entreprises et finalement confronter les entreprises à LEURS responsabilités.
Pour une entreprise industrielle quels sont les éléments sur lesquels elle pourrait s’appuyer pour aller dans le sens du développement durable ?
Une douzaine d’éléments fondamentaux peuvent être mis en œuvre :
1. L’optimisation de l’utilisation de l’énergie,
2. Le recours à des énergies alternatives renouvelables,
3. L’utilisation de sous-produits de l’industrie comme sources d’énergie (huiles, solvants, pneus…),
4. Optimisation de l’utilisation des matières premières et/ou utilisation de matières premières alternatives cohérentes,
5. Recyclage et/ou revalorisation des déchets et effluents,
6. Sensibilisation, éducation du personnel,
7. Limitation et contrôle des rejets (polluants chimiques et visuels),
8. Aménagement et entretien des sites conformément aux normes environnementales et urbanistiques,
9. Respect effectif des normes environnementales,
10. Investissement en R & D pour assurer l’innovation et l’émergence de produits, technologies plus performants, moins consommateurs d’énergie, moins polluants,
11. Participation à des projets et études transversaux pour en exploiter les éventuelles avancées.
A ces points on pourrait ajouter le douzième:
Investissement, implication dans la prévention des risques et maladies professionnels !
Quelles sont les forces qu’il convient de développer par l’entreprise pour réussir son implication dans le développement durable ?
1. Avoir une idée claire et précise de l’objectif et de l’environnement dans lequel évolue l’entreprise,
2. Avoir une vision claire de ce que l’entreprise veut être, ce qu’elle veut devenir, comment elle veut être perçue (et en corollaire savoir de quoi elle est capable et où se situent ses limites de compétences,
3. Connaître et maîtriser les facteurs clé de succès,
4. Mettre en place une structure adaptée,
5. Mettre en place des outils de pilotage et de contrôle,
6. Disposer et mettre en œuvre les ressources nécessaires (financières, humaines, technologique…),
7. Mobiliser les énergies et exploiter les synergies.
Le développement durable représente t-il un axe d’avantages concurrentiels ?
Oui l’engagement dans le développement durable permet à l’entreprise de dégager des avantages concurrentiels dont certains peuvent être très distinctifs :
1. Une attractivité accrue pour ses produits grâce à la R & D et les innovations qui en résultent. Mais cette attractivité va s’éroder, les concurrents s’efforceront normalement de rattraper leur retard. D’où nécessite d’une approche long terme pour capitaliser sur cet avantage.
2. Une visibilité accrue grâce à la normalisation ISO 140001 face aux différents acteurs du marché et notamment les passeurs d’ordre qui cherchent eux-mêmes à valoriser leur image,
3. La légitimation et l’éventuel appui des ONG type Greenpeace, WWF… ce qui peut permettre d’abaisser les barrières, de limiter leurs réticences face à de nouvelles implantations,
4. La bienveillance de la Banque Mondiale et des différents partenaires financiers,
5. L’intégration dans les programmes européens d’études et de recherches et donc le bénéfice de diverses avancées ou orientations stratégiques,
6. Le bénéfice d’une baisse des coûts de production liée aux différentes optimisations dans le process industriel de l’entreprise,
7. En termes de GRH, le développement durable est un thème fédérateur permettant de créer une dynamique interne, une implication des collaborateurs,
8. Un niveau de compétence plus élevé par l’approfondissement de l’étude et de l’analyse de ses différents process,
9. Enfin le développement durable est un thème dans l’air du temps, de plus en plus d’Etats, de collectivités diverses s’y intéressent, il faut faire partie du cercle des initiés !
Les 5 premiers points apparaissent particulièrement discriminants par rapport aux concurrents non impliqués.
Quels sont les FCS qui amèneront l’entreprise à capitaliser sur cette approche ?
· Connaître, gérer et contrôler son impact sur l’environnement,
· L’innovation ou l’investissement pour accéder à de nouvelles technologies,
· La légitimation vis-à-vis des différentes parties prenantes,
· L’ouverture vers de nouveaux marchés pour capitaliser et tirer un plus grand profit de la situation mais aussi pour sécuriser l’amortissement des investissements.
Quelles sont les parties prenantes dans ce type d’approche ?
En premiers lieu des intervenants en internes :
· Les salariés, les actionnaires, le management et le conseil d’administration,
Puis les institutionnels :
· Les états, régions et ONG concernées,
Les partenaires directs :
· Clients et fournisseurs,
Et enfin les organismes de notations.
Justement qui cautionne l’engagement d’une entreprise dans le développement durable ?
Plusieurs organismes se chargent du classement des entreprises impliquées dans le développement durable. Leurs cotations sont très prisées par les entreprises concernées en termes de légitimation, reconnaissance.
Parmi les plus influentes ont retrouve :
· SAM Research Inc. Avec son indice DJSI (Dow Jones Sustainability Index),
· VIGEO avec l’indice ASPI,
· EIRIS avec l’indice FTSE 4
· ETHIBEL avec l’indice ESI,
· ARESE et STORE BRAND font également partie des organismes de cotation recherchés.
En conclusion, il y a un lien certain entre développement durable et commerce équitable les deux thèmes sont une prise de conscience de la nécessité de prendre en considération l’impact de l’activité humaine sur les individus et l’environnement. Ceci étant il conviendrait de réfléchir sur les motivations profondes de l’entreprise face au développement durable : réel soucis éthique ou pure opportunité marketing ?
J. lou POIGNOT
Jean-Lou POIGNOT
Docteur en Pharmacie – Dipl